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Homélie de J M ROGER BERUBET, curé

Rencontre paroissiale

15 Novembre 2020

 

Un talent, c’est une très grosse somme d’argent. Cela vaut six mille deniers de l’époque, c’était le prix d’un lingot d’or, ou quinze ans de salaire d’un ouvrier.

Que vont faire ces trois serviteurs de ce petit trésor, maintenant que le maître est parti  ?

Le maître reviendra t’il de ce long voyage ?

Oui, il revint longtemps après, et il demande des comptes ! Le mot « talent » prend alors une connotation morale, psychologique, un talent devient un don, une capacité, et chacun a reçu des talents : comment les développe t-on ? Comment les fait-on fructifier, les met-on au service des autres ? Il y a diversité de talents, dans le domaine artistique, « un peintre de talent », dans le domaine sportif, «un footballeur de talent », et ainsi de suite, dans chaque secteur de la société, « un organisateur de talent », il peut même y avoir une part d’hérédité.

Dans l’église aussi, chacun peut développer ses talents divers et les mettre au service de la communauté.

             Saint-Paul appelle cela « un charisme » du grec charis, traduit par « grâce » ; les charismes sont compris comme des manifestations de  l’Esprit Saint qui enrichissent la vie et le dynamisme de la communauté dans ses trois dimensions : sacerdotale (liturgie), prophétique (annonce missionnaire) et royale (vie fraternelle).

            Je termine en vous racontant une anecdote vécue à Issoire :

            Il y a quelques années, à l’occasion des élections municipales dans une petite commune, on ne trouvait personne pour remplacer l’ancien maire défunt : pas de candidats !

            On alla trouver un jeune retraité pour lui demander.

            « Je n’ai pas les  talents pour ça : les disputes de voisinage, les paperasses, j’ai peur des drames ou des accidents… Non ! ».

            La commune allait donc être mise sous tutelle du Préfet ….Finalement, il accepta…Il n’avait pas tous les talents, ce n’était pas un constructeur gestionnaire, mais il avait un talent qu’il a accepté de déterrer, il savait créer du lien social, c’est-à-dire : que les voisins règlent leurs conflits à l’amiable, encourager les associations locales, veiller à ce que les parents d’élèves participent…

            Certes, il ne s’est pas représenté, mais pendant six ans, il a mis en œuvre le talent enfoui jusque là et cela pour le bien de tous.

 

            Alors, frères et sœurs, n’enfouissons pas nos talents. Cet homme pourrait entendre Jésus lui dire : « bon et fidèle serviteur, tu avais un talent, tu ne l’as pas enfoui, tu l’as mis au service des autres, entre dans la paix de ton maître »

Père Jean Michel ROGER BERUBET, curé.

 

 

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